L’origine de la danse orientale et son évolution à travers le temps.

Comme toutes les danses traditionnelles, la danse orientale (en arabe "el raqs el sharki") égyptienne est née au petit matin de l’humanité, quand danser servait d’abord à parler aux dieux. Elles sont une évolution des danses primitives  dédiées à la Déesse Mère, la déesse nourricière liée au culte de la fertilité et de la féminité. En Egypte, la danse et la musique sont inhérents au culte religieux : Isis est la déesse –mère. Elle règne sur les arts, la danse et la musique. Dans les temples égyptiens, il ya des bas reliefs représentant des danseuses exécutant  des chorégraphies rituelles, et aussi  des peintures  de danseuses et de musiciennes. A Dendéra, un texte ancien dit que Pharaon lui-même va au temple  d’ Isis pour un rituel sacré : « Pharaon est venu pour danser, Il est venu pour chanter, O Souveraine (Isis) vois comme il danse, Epouse d’Osiris vois comme il saute.

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Comment la danse orientale, sacrée à l’origine, est –elle devenue un divertissement ?

Le glissement a dû se faire au moment où  la  société matriarcale égyptienne est devenue  une société patriarcale. C’est  au cours de l’histoire et des invasions successives que l’on a perdu le sens sacré des gestes et des accessoires de  la danse orientale égyptienne. Des religieux, chrétiens ou musulmans ont tenté de la faire disparaitre des lieux de culte car ils la trouvaient par ignorance  très ambivalente. Si elle s’est maintenue ce fut sous la forme de divertissement.

Les expéditions napoléoniennes ont contribué à la popularisation de la danse orientale en occident. C’est sous le terme réducteur de « danse du ventre » que cette danse s’est fait connaître. Mais les spécialistes de la danse orientale savent que tout le corps bouge et que ce terme de danse du ventre a été donné par des voyageurs qui gardaient un souvenir inoubliable de danseuses au ventre nu qu’ils avaient rencontrées en Egypte.

Le costume Danse Orientale

Ces danseuses portaient le costume traditionnel de la danse orientale : une jupe taille basse ou un sarouel, et un boléro. Noué autour des hanches, la danseuse portait un foulard coloré pour agrémenter son costume. C’est le costume rituel qui est représenté sur les murs des temples. Ce costume laissait entr’apercevoir une partie du ventre. Au cours du temps, les danseuses se sont transmis ce costume et il est encore utilisé de nos jours. Le ventre dénudé a choqué le regard des étrangers, qui ont fait une interprétation erronée à la fois du costume et aussi de la danse.

Les mouvements de la Danseuse Orientale

Les mouvements de bassin qui caractérisent la danse orientale se retrouvent dans les danses du monde entier, mais c’est autour du bassin méditerranéen et précisément en Egypte qu’elle s’est le mieux conservée et qu’elle atteint un très grand raffinement. La danse est le langage d’une certaine culture, et les occidentaux ne comprenant pas la dimension sacrée de la danse orientale, l’ont tournée en dérision. Une danseuse orientale joue avec tout son corps, sa chevelure, son costume, et ses accessoires.
Elle ne suit pas la musique : elle est la musique. Les notes rebondissent allègrement sur son corps, elle les capte et les transforme en mouvements. C’est très éloigné de la danse classique avec sa rigueur académique. La danseuse orientale laisse paraître sa grâce, sa féminité, sa sensualité, et si sa danse révèle son tempérament, son sourire révèle le plaisir qu’elle éprouve en dansant.